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Corpus des textes anonymes : E, F, G, H, I.

Un losange rouge signale les œuvres vernaculaires médiévales traduites au Moyen Âge ou à la Renaissance.

  1. Anonyme, Enseingnemenz qui enseingnent a appareiller toutes manieres de viandes (traité culinaire français, rédigé dans le premier quart du XIVe s. ; 1 ms.) traduit en latin sous le titre Doctrine preparacionis ciborum vers 1370 (ms. : Vatican, BAV, Pal. lat. 1179) (voir : Carole Lambert, Trois réceptaires culinaires médiévaux : Les Enseingnemenz, les Doctrine et le Modus. Edition critique et glossaire détaillé, thèse de doctorat, université de Montréal, 1989, inédite ; Bruno Laurioux, Le règne de Taillevent : livres et pratiques culinaires à la fin du Moyen Age, Paris, 1997).[LB]
  2. Anonyme, L’Estoire de la guerre sainte, récit de la 3e croisade (1187-1194) composé au début du XIIIe siècle en 12352 octosyllabes rimant deux à deux (attribution non prouvée à un jongleur normand, Ambroise) ; ce poème pourrait être l’original français de l’Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi, récit en prose latine de la même croisade, composé vraisemblablement entre 1216 et 1222 par le chanoine Richard de Templo (ou de la Sainte-Trinité), qui fut à partir de 1222 prieur du prieuré augustin de la Sainte-Trinité de Londres. Ou bien les deux textes, le français et le latin, pourraient dériver d’un original français en prose, perdu. (Voir Françoise Vielliard, Richard Cœur de Lion et son entourage normand : le témoignage de l’Estoire de la guerre sainte, dans BEC, t. 160, 2002 ; Françoise Vielliard, L’utilisation de l’Itinerarium peregrinorum par l’Estoire de la guerre sainte : traduction et adaptation, dans Par les mots et les textes. Mélanges de langue, de littérature et d’histoire des sciences médiévales offerts à Claude Thomasset, Paris, PUPS, 2005, p. 807-818).
  3. Anonyme, Estoire de Waldef, poème anglo-normand (éd. Anthony J. HOLDEN, Le roman de Waldef (Cod. Bodmer, 168), Cologny-Genève, 1984 (Biblioteca Bodmeriana, Textes, 5) adapté en moyen anglais, version aujourd’hui perdue, mais traduite au 15e siècle par John Bramis, moine anglais de Thetford, sous le titre Historia regis Waldei (éd. R. IMELMANN, Johannes Bramis, Historia regis Waldei, Bonn, 1912 (Bonner Studien zur englischen Philologie, 4). (A. Vernet, p. 228).
  4. Anonyme, Exercices de version du frioulan au latin : 81 phrases en frioulan avec leur traduction en latin, ms. Vérone, Bibl. Comunale 1253, 2e moitié du XIVe s. (éd. P. Benincà et L. Vanelli, Esercizi di versione dal friulano in latino in una scuola notarile cividalese (sec. XIV), Udine, 1998).
  5. Anonyme, Farce de maître Pierre Pathelin, traduite en latin par un certain Alexandre Connibertus sous le titre Comedia nova que Veterator inscribitur, alias Pathelinus ex peculiari lingua in romanum traducta eloquium [Paris, G. Eustache, 1512 ; Paris, Simon de Colines, 1543]). Cette traduction a parfois été attribuée à Jean Reuchlin [1455-1522] ; mais le nom d’Alexandre Connibertus est en réalité un pseudonyme cachant Nicolas Barthélemy de Loches (voir Bruno Roy, L’auteur du "Veterator", une énigme pathelinienne, dans Et c’est la fin pour quoy sommes ensemble, Hommage à Jean Dufournet, Littérature, Histoire et Langue du Moyen Âge, Paris, 1993, t. 3, p. 1233-1243, qui identifie l’auteur de cette traduction latine comme étant le bénédictin Nicolas Barthélemy [1478-1535 ?]). Il existe deux éditions de ce texte, dont la plus récente est celle de Walter Frunz (éd.), Comedia noua que Veterator inscribitur alias Pathelinus ex peculiari lingua in Romanum traducta eloquium. Die neulateinische Bearbeitung des "Maistre Pierre Pathelin", Zürich, Juris Druck und Verlag, 1977. [signalé par Mathieu Ferrand].
  6. Anonyme, Fierabras, 6000 alexandrins de fin 12e siècle, traduction latine anonyme (ms. Dublin, Trinity College, F.5.3) (A. Vernet, p. 238).
  7. Anonyme, Grantz geantz (version brève) : deux traductions latines (G. Tyl-Labory, "Grantz Geantz", dans Dictionnaire des lettres françaises : le Moyen Âge, Paris, 1992, p. 575).
  8. Anonyme, Histoire des sept sages de Rome (adaptée d’une version hébraïque), l’Historia septem sapientum fait l’objet d’une rédaction française en prose qui est retraduite en latin v. 1300, et d’autres traductions en langues vernaculaires qui sont à leur tour remaniées en latin (A. Vernet, p. 228 ; H. R. Runte, From the vernacular to latin and back : the case of "The seven sages of Rome", dans J. Beer dir, Medieval translators and their craft, Kalamazoo, 1989, p.93-133). Voir le détail sous : Anonyme, Roman des sept sages de Rome et Anonyme, Cycle des sept sages de Rome.
  9. Anonyme, Herzog Ernst, épopée en vers allemands, traduite vers 1212-1218 par Odon de Magdebourg en 3600 hexamètres sous le titre Gesta Ernesti ducis. Ce poème latin fait l’objet au milieu et à la fin du 13e siècle de deux mises en prose latine, œuvres d’adaptateurs inconnus (voir Hedda-Maria Fraunhofer, Die lateinischen Übersetzungen aus dem Mittelhochdeutschen, mit besonderen Bezug auf die lateinisch-deutsche Herzog-Ernsnt-Tradition, s.l.n.d. [Magisterarbeit am Seminar für deutsche Philologie II der Universität München] et Hans-Joachim Behr, Politische Realität und literarisch Selbstdarstellung : Studien zur Rezeption volkssprachlicher Texte in der lateinischen Epik des Hochmittelalters, Frankfurt-a-M/Bern/Las Vegas, 1978 [Europäische Hochschulschriften Reihe I : Deutsche Literatur und Germanistik, 234]).

 

 


Liste de brèves


Une publication récente

Nikolaus Thurn, Neulatein und Volkssprachen. Beispiele für die Rezeption neusprachlicher Literatur durch die lateinische Dichtung Europas im 15.-16. Jh., München, Wilhelm Fink, 510 p. (Humanistische Bibliothek, Texte und Abhandlungen, 61).


Journée d’étude du 9 février 2012

Le groupe Tradlat organise le jeudi 9 février 2012, à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, en collaboration avec la SAPRAT (EA 4116) et l’École Pratique des Hautes Études (IVe section) une journée d’étude sur les Traductions latines d’œuvres vernaculaires. A partir du volume collectif intitulé "Traduire en latin au Moyen Âge et à la Renaissance. Méthodes et finalités" et consacré à différents exemples de traductions latines d’œuvres vernaculaires au Moyen Âge et à la Renaissance, cette journée permettra aux contributeurs du volume de dialoguer avec d’autres chercheurs intéressés par ces traductions.


La littérature néo-latine contemporaine

Michiel Verweij, "Winnie the pooh in Latin. Or how to put delightful English into equally enjoyable Latin", dans "Humanistica Lovaniensia, Journal of Neo-Latin Studies", t. LVII (2008), p. 301-319.


Une nouveauté concernant le bilinguisme latin-français

Approches du bilinguisme latin-français au Moyen Âge : linguistique, codicologie, esthétique, Études réunies par Stéphanie Le Briz et Géraldine Veysseyre